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Mattotti

Pleins feux sur Mattotti
(Pierre Sterckx in Les Cahiers de la Bande
Dessinée)
Ouvrez Feux à nimporte quelle page (elles ne sont pas
numérotées) et vous découvrez la couleur. La
bande dessinée, depuis toujours dominée par le régime
du dessin et du contour, bascule ici dans lunivers inverse,
pictural et chromatique. Comme le titre de lalbum indique, il
sagit dun retour à la couleur par lélément
igné. On songe à ce tableau deTurner où le peintre
boute le feu aux superstructures linéaires dun voilier
(le dessin!). Cest par lélément dynamique,
un fluide, une force, que limaginaire parvient à détruire
une forme ancienne. (...) La couleur, cest la jouissance, et
même quelque chose de plus simple, qui est le plaisir. Labeur
du dessin. Plaisir du couleur. Surtout lorsqueelle sépanche
en flux picturaux, hors de la balise du trait. Une couleur dinge de
Monet, du Fauvisme, de Kandinsky et de Hopper.(...). Voilà
une bande dessinée qui envoûte comme une télé
et qui réfléchit comme un livre. Une BD pour enfants
et pour adultes. Une magie et une science. Une hypnose et une logique.
Une uvre dart et une machine. Un feu de camp et une peinture. |
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